Embouteillages : kit de survie

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Les embouteillages, c’est un peu comme la crise, on a l’impression qu’on n’en sortira jamais.

Sauf que nous, à Boudu-Toulouse, on pense que tout est possible, et on a trouvé les solutions pour que tu traverses cette épreuve terrible de la vie de manière sereiiiiiiiine et détenduuuuuuue.

Il a en effet été scientifiquement prouvé que le fait de s’énerver sur son klaxon pendant un embouteillage ne faisait pas avancer les voitures plus vite – et aurait même tendance à te rendre encore plus énervé que tu ne l’es déjà, le coup de klaxon étant généralement suivi d’une série d’injures profondément insultantes avance-connard- putain-tu-vas-la-bouger-ta-caisse-ou-c est-moi-qui-vais-te-bouger-espèce-d-enculé .

Autant te dire que j’espère que ce n’est pas ton patron dans la voiture de devant (surtout si c’est l’été et que tu roules les fenêtres ouvertes parce que ta clim ne fonctionne pas). Mais là n’est pas le propos.

  1. CHANTER A TUE-TÊTE COMME SI TA VIE EN DEPENDAIT

 On sait tous plus ou moins que le fait de chanter détend les zygomatiques. Ok, personne ne sait vraiment ce que c’est, les zygomatiques, et on s’en fout un peu à vrai dire, mais on s’est dit qu’on allait quand même en profiter pour détendre au moins quelque chose. Alors CHERIEFM à-fond-les-ballons (cette expression a été prononcée pour la dernière fois en juin 95 et nous avons pour projet de la remettre au gout du jour) et ne crains pas le ridicule : n’oublie pas que la personne dans la voiture d’à côté est probablement en train de se curer soigneusement  le nez et trouve ça beaucoup plus intéressant que ta pitoyable performance vocale.

Petite anecdote pour te prouver que ça rend heureux : un jour, alors que j’étais moi-même en train de faire des vocalises sur fond de chériefm dans ma twingo bloquée en plein bouchons, j’ai surpris un homme dans sa voiture branché sur la même radio et en train de chanter la même chanson que moi. C’était le premier et unique duo de ma vie, mais je me suis sentie un peu comme Lara Fabian en train d’interpréter Requiem pour un fou avec Johnny au Stade de France. (bon, j’étais sur la rocade Arc-en-ciel et le mec était chauve, mais vous savez, l’imagination …)

  1.  S’EPILER LES SOURCILS

 Oui, je sais, ça fait mal. Oui, je sais, c’est chiant. Et oui, je sais, on a toujours la flemme. En plus, à chaque fois que l’on décide de sauter le pas, il y a toujours comme par hasard un truc beaucoup plus important à faire : une copine avec qui prendre un café, un profil Facebook à stalker, une série à mater…

Une fois même, au moment de m’épiler les sourcils, je me suis surprise à trouver que nettoyer de fond en comble le placard de ma salle de bain pouvait être considérée comme une urgence absolue.
Bref, c’est un moment naze. MAIS les bouchons aussi.
Donc, moment naze + moment naze = moment fabuleux.
La théorie du négatif + négatif = positif. La seule chose dont je me rappelle de mes cours de maths au collège : – + – = +
Donc on OP-TI-MI-SE son temps et on profite des embouteillages pour brandir sa pince à épiler.

Petite précision  à tous les mecs qui pensent que je m’adresse ici uniquement aux nanas :
On est au courant. On fait comme si on ne savait rien. Mais on sait. Vous le faites aussi.
Arrêtez de nous prendre pour des lapins de trois semaines, faites pas les innocents.
On se doute bien que les poils ne disparaissent pas subitement de l’entre-deux-yeux des garçons entre le lycée et la fac, tu comprends ?
Et vous savez quoi ? Je vais vous donner un petit conseil, pour que vous arrêtiez enfin de souffrir en silence. Le glaçon. Oui, tu passes un glaçon (les mêmes que ceux que tu mets dans ton pastis) sur tes sourcils avant l’épilation et ça anesthésie le tout.
Autre précision pour ceux qui n’auraient pas compris : ne demande pas à ton chirurgien de t’anesthésier avec un glaçon le jour de ton opération du tibia. Ça marche que pour les sourcils.

  1.   LE COUP DE FIL A UN AMI (ou à ta mère)

 Tu branches ton kit main libre (sécurité routière : tous responsables), et tu appelles cette personne que tu dois appeler depuis des lustres mais que tu n’appelles pas faute de temps : les grasses matinées à rallonge, les gueules de bois prolongées, les épisodes en retard, le nouveau Cosmo qui vient de sortir, etc…T’inquiète, on comprend.

Encore une fois, OP-TI-MI-SA-TION du temps ! Et en plus tu t’ennuies pas, parce que, je l’espère pour toi du moins, tes amis sont des gens cool. Si par contre tu n’as VRAIMENT PAS envie de raconter ta vie parce que tu as la flemme (ou que t’as pas d’amis), appelle ta mère. Elle fera la conversation à ta place avec grand plaisir et elle te trouvera quand même formidable (de toute façon, elle n’a pas vraiment le choix).

  1.  LA THEORIE DU SLOW CAR

 Cela fait quelques temps que l’on essaye de nous faire intégrer des nouveaux concepts, pour contrer cette société de la rapidité à tout prix : la théorie du slow food, du slow sex, etc …Ou comment manger lentement, baiser lentement… Nous, à Boudu-Toulouse, comme on est du genre « méga à la page », on a inventé la théorie du SLOW CAR.
Cette théorie consiste à dire que lorsque tu conduis lentement dans les embouteillages parce que de toute façon t’as pas le choix, tu dois en profiter pour prendre des grandes décisions, réfléchir à ta vie, développer ta créativité (construire des avions en papier avec tous les prospectus que tu as eu sur ton pare-brise et qui s’accumulent un peu partout dans ta voiture parce que ça fait huit mois que tu ne l’as pas nettoyée, par exemple).
S’ennuyer, rêver, profiter, regarde comme c’est beau un ciel gris anthracite qui fait amoureusement couler sur ton pare-brise des petites gouttelettes d’eau de pluie faisant la course avant de mourir noyées dans une somptueuse flaque d’eau couleur de l’encre de tes yeux.
Tu vois, tout est question de point de vue. Si vous avez aimé la poésie de cette phrase, on intégrera au blog une page « Boudu-Poésie » avec nos plus belles créations. Dans le cas contraire, promis, c’était la dernière fois.

  1.  LE CO-VOITURAGE  

 Euh, attends, tu fais le MEME TRAJET tout seul dans ta voiture matin ET soir CINQ FOIS par semaine et tu n’es toujours pas inscrit sur Blablacar ? Shame on you !

Ils sont sûrement 1000 à faire le même trajet que toi au même moment ! Et dire que vous pourriez le faire tous ensemble dans la joie et la bonne humeur !

Alors, hop hop hop, tu inscris ton trajet sur-le-champ (enfin, sur la route, ahah), tu dis ton âge, ta voiture, les heures de départ, et tu attends patiemment qu’une de ces mille personnes te contacte afin de partager ce trajet avec toi. Et en plus tu gagnes de l’argent.
Si t’es riche et que tu t’en fous de l’argent : tu peux le faire quand même ça te fera des nouveaux amis
La voiture en solo, c’est so 2012 les amis. Ce qui est génial avec le covoiturage, c’est que tu parles à des gens à qui tu n’aurais jamais parlé en temps normal, ENRICHISSEMENT les gars ! Et en plus c’est ultra sécurisé comme concept.

Bref, vous l’aurez compris, en 2014, les embouteillages, on arrête de les subir, on en profite, et surtout, on n’oublie pas d’être heureux.

Boudu-auteur

Sophie Franco

Sophie Franco

Co-fondatrice de Boudu Toulouse & chroniqueuse art de vivre pour L'Opinion Indépendante. Aime les mots, les gens, le café et la Burrata.

2 comments

  1. Avatar
    Theron 12 février, 2015 at 15:46 Répondre

    Même pas capable de sortir son gros cul de son siège t de perdre quelques kilos sur un vélo, de gagner du temps parce qu’à bicyclette il n’y a plus de bouchon, de problème de parking, etc. Et en plus c’est gratuit ! Faut vraiment être con pour avoir une bagnole en ville ! Viva La Vélorution !

  2. Avatar
    larcher 14 janvier, 2016 at 13:18 Répondre

    Sinon pour faire sauter les bouchons sur Toulouse y’a coovia.fr ! bien plus adapté aux trajets quotidiens que Blablacar et en plus y’a plein de trajets disponibles.

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