Block’Out Toulouse – Salle d’escalade et restaurant

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Le vertige, l’escalade et ta mère

Lorsque tu souffres de vertige chronique depuis ta venue au monde et que tu cherches un nouveau sport à pratiquer, tu vas spontanément te tourner vers des disciplines très terre-à-terre. De manière tout à fait naturelle, tu vas envisager la course à pieds, l’escrime ou, que-sais-je, le tennis de table. Mais jamais, ô grand jamais, tu te lèves un matin en te disant « allez hop, je vais me faire une petite session d’escalade pour bien commencer la journée ».

En réalité, cela vient petit à petit. Un jour, tu te retrouves enfermée en pleurs dans le Photomaton du 1er étage de la Tour Eiffel en te disant que tu préfères périr d’une mort lente et douloureuse plutôt que de redescendre. Quelques années plus tard, tu bloques tout le monde au milieu du parcours de Tépacap et on doit venir te chercher avec une corde pour te faire redescendre tel un chat bloqué dans un arbre – mais avec moins d’élégance. Puis, petit à petit, à coup de frustrations pour cause de monuments in-visitables, de falaises in-ateignables et de montées insurmontables, tu te dis qu’il va falloir un jour que tu la combattes, cette putain de peur.

Tu penses au psychologue. Puis, tu te rends compte qu’être assise à parler des heures sur une chaise en bois les pieds bien ancrés dans le sol te fera combattre ton banquier, mais certainement pas le vertige.

Alors, résignée, tu te rends au Sept Deniers et tu pousses pour la première fois la porte d’une salle d’escalade : celle de Block’Out à Toulouse.

Block’Out, ou comment découvrir l’escalade à Toulouse

La première chose que tu vois, c’est un immense et magnifique bar en bois, ainsi qu’une salle de restauration au style industriel savamment étudié. Forcément, tu te dis « eux, ils savent me parler ».

Tu te souviens alors que tu n’es pas là pour manger et pour boire, donc tu écoutes les conseils de l’adorable Laora qui t’explique les deux manières de pratiquer l’escalade :

  • En cordée, attaché avec un baudrier à 12m50 de hauteur,
  • En bloc, sans attache mais avec des énormes matelas au sol pour ne pas mourir, à 4m50 de hauteur.

Ici, tu l’as compris, il s’agit de plus de bloc : ****m2. Les voies sont classées par niveau de difficulté du 3A au 7C et par couleur : jaune, le plus facile, orange, bleu, rouge, blanc, noir et vert, le plus difficile.

Lorsque tu te retrouves face à un bloc, tu choisis la couleur et tu n’as plus qu’à suivre le chemin : tu valides une voie lorsque tu as posé tes deux mains sur la dernière prise.

Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, mais je pratique l’escalade depuis plus de trois mois. Je partais avec le pire niveau que tu puisses imaginer : le vertige, certes, mais aussi l’agilité d’un éléphant obèse, l’équilibre d’un singe unijambiste bourré et la délicatesse d’un enfant de deux ans dans une piscine à balles.

Et pourtant. Il n’y a pas un jour où je n’ai pas progressé. Quel que soit ton niveau, la marge de progression est énorme. Quel que soit ton degré d’appréhension, il y a toujours un challenge à relever.

Tu n’arrives pas à valider une voie ? Pas grave, tu t’entraines, ton corps mémorise et la prochaine fois, tu l’auras. Il te manque un mouvement mais tu ne sais pas lequel ? Il y aura toujours quelqu’un pour t’aider.

D’ailleurs, parlons en de l’entraide. Quand j’ai commencé la course à pieds et qu’au bout de 20 minutes, je m’arrêtais, persuadée que mon coeur et tous mes organes vitaux allaient quitter mon corps pour ne plus jamais revenir, jamais un inconnu ne s’est arrêté pour me donner des conseils.

A la piscine, quand je lâche ma brasse coulée historique pour m’essayer au crawl, aucun nageur n’a pris le temps de me montrer les bons mouvements.

A Block’Out, je ne compte plus le nombre d’inconnus m’ayant aider à valider une voie. Des personnes au niveau dix fois supérieur au tien qui prennent le temps de regarder le bloc sur lequel tu travailles pour t’aider à trouver le mouvement qui te manque, à choper la prise que tu n’arrives pas à choper.

Et ça c’est beau. C’est émouvant. Cela te donne envie de croire en l’humanité. Et si celui qui allait sauver le monde était un grimpeur en fait ? Et si c’était moi d’ailleurs ?

Bon. Je m’emballe. Désolée. Block’Out donne des ailes.

Blockout, les surdoués de la sympathie 

On connait tous le quotient intellectuel. Mais si on pouvait mesurer le quotient sympathie, chaque membre du personnel de Block’Out serait un surdoué.

Contrairement à moi et aux gens qui m’entourent, le personnel de Block’Out est toujours souriant. Chaque membre du Staff se trimballe toujours avec le sourire et avec un mot pour rire. Même le dimanche à 20h30. Même le matin. Même quand il pleut.

Je suis d’ailleurs en train de développer une théorie selon laquelle les gens qui travaillent à Block’Out n’ont pas de problèmes. Ils ne souffrent jamais, ni de chagrin d’amour, ni de dépassements de découverts autorisés, ni de courroie de distribution à changer, ni de guerres, ni de rien. Parce que moi, même avec la meilleure volonté du monde, quand c’est une journée de merde, je ne peux pas faire semblant de sourire. COMMENT VOUS FAITES ?

Block’Out, grimper, boire, chiller et manger

Je crois que j’tiens un truc : la cuisine ! Le personnel de Block’Out est heureux parce que la nourriture servie là-bas est scandaleusement bonne.

Je dois t’avouer, cher boudu-lecteur, que je n’aurais jamais pensé à manger dans une salle d’escalade. C’est fou ce que je peux être pleine de préjugés parfois. Alors qu’à BO (Block’Out, pour les intimes toi même tu sais), tout est bon, parce que tout est frais, et que tout est soigneusement préparé par un chef cuisinier que j’embaucherai chez moi quand je serai riche.

En attendant, je me régale de son Burger Saint-Georges, de ses délicieuses salades géantes, de ses plats du jour surprenants aux accents de cuisine du monde…

Block’Out est un véritable lieu de vie. Où tu grimpes, certes, mais où tu peux aussi faire de la muscu, aller au sauna, au hammam, manger, boire un verre de vin ou une bière avec des amis…Et vaincre ton vertige.

Attention toutefois : cette salle est addictive. Rares sont ceux qui n’y sont entrés qu’une fois. Rares sont ceux qui ne sont pas ressortis avec l’envie de voir la vie comme un mur d’escalade : un objectif à atteindre, des dizaines de façons de le faire, mais toujours avec persévérance et entraide.

C’est beau ce que j’dis. C’est BO. C’est dimanche soir, je suis poète, et maintenant j’aime l’escalade.

Pour trouver cet endroit

Parc des 7 Deniers au 2 rue de l’Égalité, 31200 Toulouse
05 34 67 08 37
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Boudu-writer

Sophie

Sophie

Rédactrice web et attachée de presse qui pratique la lecture, le voyage et le sommeil à outrance.

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