Toulouse : des briques et du jazz

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« Il n’y a pas de jazz toulousain, le jazz est un ».
Si tu te demandes ce que tu fous encore ici après avoir lu cette citation,
on te prie de bien vouloir t’asseoir sur ton canapé, ta chaise de bureau, ou par terre (si tu es Sanchez),
de prendre un scotch, une cigarette, et de te laisser aller au rythme de nos paroles.
On voulait se donner un genre. Père Boudu va te raconter une histoire.

Toulouse, c’est une ville dont tu es fier.
Une ville faite de briques et de rose, de terrasses de café pleines de vie dès que le soleil sort de son nid,
de bonne bouffe, de convivialité et de bonne humeur.

Tu le revendiques haut et fort à la vue d’un vrai parisien, mais sais-tu pourquoi nous sommes comme ça ?

A l’époque où l’on surnommait Jean Jaurès « Les Allées », Toulouse regorgeait de « cafés à musique ».
En gros, tous les cafés dans lesquels tu te rends près de Wilson et du centre avaient leurs orchestres,
qui jouaient de 10 heures à minuit. Les passants venaient écouter, certains dansaient,
des groupes de rue se formaient au milieu de jongleurs et autres artistes de rue.
Toulouse était déjà bon public, et les bourgeois se mélangeaient aux classes populaires.
Un air de déjà-vu Rodrigo ? Héhé, on te parle bien des années 30 !

Et au milieu de tout ça, le jazz, il avait sa place.
Le café des Américains – qui est toujours là – était en guerre contre son voisin d’en face, l’Albrighi
qui n’est plus là, enfin si, mais c’est devenu un Quick.
C’était à celui qui ramenait le plus de monde pour écouter les orchestres de jazz. Et tu sais quoi ?
On n’a jamais vu une guerre aussi cool.
Le train devait s’arrêter et attendre la fin d’un morceau pour pouvoir sonner la cloche et redémarrer !
T’imagines les chauffeurs de nos bus Tisséo faire ça ? On  a essayé de l’imaginer, dans un rêve.
On a fini écrasé, avec en prime une amende de 38€ car notre carte Pastel n’était pas à jour.  Les temps ont changé ! 

Le jazz faisait donc partie de la vie toulousaine. Il y avait ce que l’on appelle le « Hot Club de Toulouse ».
En  gros, un mec a monté ça en 1936. Il voulait initier le public au jazz, tel que les américains le connaissaient,
comme la Boudu Team a essayé de t’initier au principe du #MangezGrasBougezPas. Le concept ?
Faire venir dans ce club des orchestres, des stars, donner des conférences,
et inviter les gens à refaire le monde dans un univers boudu-jazzy. La classe !
Et c’était le deuxième de France (lancé seulement 4 ans après celui de Paris.
« Seulement »parce-que Facebook n’existait pas, et faire Toulouse-Paris avec Easy Jet, c’était  pas très easy !)

Donc ouais, Toulouse était précurseur. Allez. Soyez pas jaloux.

Son créateur, Hugues Panassié (on te salue !), voulait opposer le « Straight Jazz » au « Hot Jazz » :
le Straight, c’était pour les copiteurs de l’extrême, ceux qui faisaient des trucs faciles mais qui fonctionnaient,
le Hot, c’était pour les vrais créateursun peu comme nous ou Karl Lagerfeld -, ceux qui pouvaient partir dans des délires musicaux de plusieurs dizaines de minutes en improvisation.
Le Hot Club, c’est là où de nombreux toulousains ont pu lancer leur carrière de jazz,
et réussir en France ou à l’international. (Oui, ce sont des traîtres, mais on compte faire pareil donc ne juge pas !)

La consécration est arrivée en 1952. Le fameux, le BIG –big par sa renommée et son tour de taille-,
le légendaire Louis Armstrong est venu se produire à Toulouse.
Non, c’est pas celui qui s’est dopé pour aller sur la lune hashtag tropdeculture – mais celui que
même toi tu connais, c’est pour dire. Ella Fitzgerald et Ray Charles sont eux aussi venus, au Palais des sports.
Et tout ça, c’est pas du n’importe quoi.

Tu pourras désormais étaler ta confiture culture à tes amis.
Si t’as pas d’amis, un Curly fera l’affaire. (TESTÉ ET APPROUVÉ SI ON TE JURE CA MARCHE TROP BIEN).
Et si un pote te dit : « super tout ça tu m’as appris trop de choses, mais ça me sert à quoi maintenant Jean-Mi,
on est en 2016 là REVEILLE-TOI BORDEL 
», change de pote, mais dis-lui quand même que le jazz n’est pas mort.
Qu’il peut toujours aller l’écouter au Rest’ô Jazz, au festival « Le Jazz sur son 31 », au Manadala,
ou dans quelques endroits sympa comme le Thirsty Monk ou la Conciergerie.
Les petits bars s’y remettent, et ça, on dit oui.

Le jazz n’est donc pas toulousain, mais Toulouse a bien du jazz en elle.

Remerciements

Remerciements infinis à Charles Schaettel, l’auteur de la BIBLE
« De briques et de jazz », une ode au jazz à Toulouse.
Cet article n’est qu’un aperçu minuscule, version Boudu, de ce magnifique livre
qu’il faut que tu lises une fois dans ta vie.
Et si t’es intéressé, tu peux te le procurer en cliquant sur cette phrase. 

Le livre dont l’article s’inspire provient des Editions Atlantica.
Crédits photos :

1. Orchestre Roger Esparbié (© Studio Brulerie, Toulouse)
2. Toulouse – L’avenue Lafayette (Musée Paul-Dupuy, © Mairie de Toulouse)
3. Carrefour Jean-Jaurès (Musée Paul-Dupuy, © Mairie de Toulouse)

Boudu-writer

Thibaud

Thibaud

Jeune responsable commercial qui aime entreprendre entre un film et la création d'un site internet.

1 comment

  1. Pascaline 1 février, 2017 at 08:26 Répondre

    Salut. J’adore le jazz et donc, j’ai tout de suite cliqué sur cet article quand je l’ai vu. Je ne savais pas du tout que ce genre musical faisait autant partie de la vie toulousaine.

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