Narbonne avec Intercités : à bas les préjugés !

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« Nous vous invitons à passer la journée à Narbonne : vous viendrez en train et vous déjeunerez au restaurant Les Grands Buffets, avant de découvrir la ville ». Ce fut le fou rire général dans les locaux de la Boudu Team (notre salon) lors de la réception de ce mail.

Décortiquons :

  1. Narbonne, ville moche qui ne sert à rien à part accueillir les toulousains dès qu’il fait beau –
    ceux qui n’ont pas compris que Gruissan c’était plus joli
  2.  Le train pour aller à Narbonne selon moi, c’est un peu comme si j’allais dans mes toilettes en Velib.
    Dans mes toilettes, j’y vais à pied. Narbonne, je prends l’autoroute. CQFD.
  3.  Manger dans un buffet c’est gentil merci, mais pour manger du surgelé et des frites pas assez
    cuites, j’ai juste à demander à mon frère de me faire la cuisine.
  4.  Découvrir Narbonne : « alors, voici ici un immeuble en béton de quatre étages des années 70, un peu plus loin sur votre droite, vous trouverez un immeuble en béton de cinq étages cette fois-ci, vous noterez la jolie couleur rose saumon avarié qui fait tout le charme de ce bâtiment ».

Nous allions donc logiquement placer ce mail dans la corbeille avant de continuer nos vies comme si rien ne s’était passé, quand tout à coup, sans raison, j’ai dit aux garçons « il faut qu’on y aille, on n’sait jamais, la vie parfois c’est plein de surprises ».

Ils ont dit que j’avais raison comme d’habitude mais que, malheureusement et c’est vraiment dommage, ils étaient pris ce jour-là par – je cite – un tournoi de curling bâton pour Sunny et une conférence sur l’importance de l’ajout de la pincée de sel dans l’eau des pâtes avant cuisson pour Thibaud.

Ils avaient l’air vraiment sincère, alors je me suis dévouée et j’ai annoncé à la SNCF que oui, j’acceptais leur invitation. Je n’ai pas compté le nombre de fois où mes amis m’ont dit « mais qu’est-ce que tu vas foutre à Narbonne ? » parce que je n’ai pas assez de doigts. Je n’ai pas non plus compté le nombre de fois où j’ai répondu « j’en sais rien » parce que…bah pour la même raison en fait.

1. Toulouse-Narbonne en train Intercités

Je suis arrivée à l’heure à la gare Matabiau –  détail assez rare pour être souligné.
Nous étions donc 4 blogueuses invitées. Après une rapide présentation et un accueil super cool de la part d’Astrid Cordeau, directrice de l’agence de com’ parisienne Méliatis nous sommes montées dans le train.

Je m’attendais à un vieux TER super moche (niveau préjugés, on est bien dans cet article non ?) mais pas du tout en fait. Rame entièrement rénovée, couleurs qui n’agressent pas mes yeux délicats et…prises pour charger les appareils électroniques. Bon, j’adore la nature, manger bio, me rouler dans l’herbe toussa toussa, mais il faut bien admettre que j’appartiens à une génération connectée qui prononce la phrase « t’as une prise pour que je charge … » environ 18 fois par jour.

Sofia nous attendait dans le train Intercités. Elle bosse pour la SNCF, a une joie de vivre communicative, et nous a un peu expliqué les raisons de notre invitation : personne ne sait que l’on peut aller à Narbonne en train ! Et j’ai bien admis que moi non plus, avant de monter dedans, je ne savais pas. Et pourtant c’est plus écolo que la caisse, tu te prends pas la tête pour te garer… Mais le prix dans tout ça ?

C’est comme pour les avions Jean-Michel Boudu, ça fluctue (j’aime bien ce mot, il rend intelligent). Mais ils ont fait des happy hours de la SNCF et en t’y prenant super à l’avance ou super en retard (genre la veille), tu peux t’en sortir pour 20 euros. Elle avait à peine eu le temps de nous expliquer tout ça que nous étions arrivées à Narbonne. Temps de trajet : 72 minutes – soit 1h12.

2. Les Grands Buffets

La première étape de notre journée fut la visite du restaurant Les Grands Buffets.
Et quand tu me dis « buffet », ma première réaction est de partir en courant. Sauf que j’avais un peu la flemme de rentrer à Toulouse en pas chassés, et tu sais quoi ? J’ai eu raison. Nous sommes arrivés sur le parking d’une sorte de centre commercial avec bowling et patinoire. À cet instant précis, je commence à convulser : mais qu’est-ce que je fais ici ?

Nous pénétrons dans ce complexe moche, et c’est quelques mètres plus tard que j’ai débarqué dans un autre monde. Un monde fait de boiseries magnifiques, de plantes vertes et de hauts plafonds. Tu visualises la typique brasserie parisienne ? Et bien c’est encore plus beau.

Nous avons passé plus d’une heure à découvrir le restaurant, et mon estomac n’a jamais autant crié. Plus de 40 variétés de fromage, du foie gras, des fruits de mer, du jambon à la coupe, des légumes biologiques, une rôtisserie où l’on peut te préparer un magret de canard, des cuisses de grenouilles, un turbot entier (entre autres) et une immense fontaine à chocolat autour de laquelle se positionnent de façon gargantuesque plus de 50 pâtisseries maison.

Face à cette abondance de nourriture, tu te doutes bien que j’avais quelques questions à poser.

« Donc, je présume que vous vous fournissez chez Picard, ils vous font des prix ? »
Rien du tout. La quasi-totalité des plats proposés ici sont faits-maison, à base de produits sélectionnés avec soin dans les alentours de Narbonne ou dans le Sud-Ouest. Les rares plats qui ne sont pas préparés dans les immenses cuisines sont réalisés par des artisans locaux (comme les pâtisseries orientales par exemple).

Nous avons eu la chance de visiter les cuisines.
En deux ans et demi de Boudu Toulouse, d’invitations et d’inaugurations, c’est la première fois que je découvre la cuisine d’un resto. Et quelle cuisine ! Immense, lumineuse, avec des œuvres d’art (oui, absolument), et chaque cuisinier peut choisir sa propre musique. Tellement propre que l’on aurait pu manger par terre. J’ai pu constater avec joie qu’en effet, ici on cuisinait maison malgré les plus de 1000 couverts que le restaurant peut accueillir en une journée. J’ai bien évidemment demandé ce qu’il en était des pertes. Forcément.

Et parce que ce restaurant existe depuis 1989, tout est millimétré.
De la gestion du personnel à la gestion des pertes, on maîtrise tout avec une main de maître. Emma m’a expliqué que l’on jetait en moyenne l’équivalent d’une demi-tomate par an et par personne. 90% des gens qui viennent manger réservent, ce qui permet aux chefs de gérer leurs stocks efficacement.

Bien évidemment, nous avons fini par manger. C’était excellent. Je crois qu’il n’y a pas d’autres mots pour résumer la cuisine ici. Tout est délicieux (et crois-moi, j’me suis pas gênée pour me servir). Nous avons eu le privilège de déjeuner avec le patron, Louis Privat, à l’origine de la création des Grands Buffets. Tant dans la gestion des ressources humaines que dans son désir d’honorer la gastronomie française et de la rendre accessible à tous, cet homme est un visionnaire.

Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est que l’on croise tellement de gens différents. Des mecs en tongs et bob Ricard aux hommes et femmes d’affaires en costard, des retraités endimanchés à la famille option cinq enfants, en passant par les couples de trentenaires ultra dans le coup : c’est l’amour du bien manger qui réunit ici, et ce melting-pot fait vraiment plaisir à voir.

Prix : 32.90€ par personne / Buffets à volonté / Vin vendu au prix producteur (sisi)
Rond Point de la Liberté – 11100 Narbonne

3.Narbonne la médiévale

Mon estomac et moi aurions bien réclamé une sieste, mais nous avions un programme à finir et pas des moindres : découvrir le centre-ville de Narbonne. Je me suis rendue compte en arrivant que c’était la première fois que j’y mettais les pieds.

Comment ça un canal trop mignon avec un pont digne du Pont des Soupirs à Venise ?
Comment ça des ruelles pavées qui te donnent la délicieuse impression d’être au Moyen-Âge ?
Comment ça une immense et somptueuse cathédrale ? Comment ça des catacombes romaines en parfait état ?

Laure Barthet, nouvelle directrice du patrimoine de la ville, aussi jeune que dynamique, aussi passionnée que passionnante, nous a fait arpenter les ruelles et les trésors cachés de Narbonne. Mes préjugés s’effondraient peu à peu au fil des anecdotes historiques qu’elles nous racontaient avec humour et précision.

J’ai découvert une ville adorable, dans laquelle il fait bon se promener et qui a pour ambition de redorer un peu son blason auprès des toulousains et du reste du monde. Avec des équipes aussi compétentes tant à l’Office du Tourisme qu’au patrimoine de la ville, je ne doute pas une seule seconde qu’elle y arrivera. En tout cas, de mon côté, j’ai la ferme intention d’y retourner.

Mes préjugés, quant à eux, se sont suicidés sous les rails du train Intercité qui nous ramenait à Toulouse. Qu’ils reposent en paix.

Merci à Astrid et Séverine de l’agence Méliatis pour avoir si bien orchestré cette journée.
Merci à Sofia de la SNCF pour sa bonne humeur, son rire communicatif et son professionnalisme.
Merci à Mariline de l’Office du Tourisme de Narbonne pour son excellent accueil.
Merci à Laure du Patrimoine pour sa disponibilité et sa visite tellement enrichissante.
Merci à Emma et Louis des Grands Buffets pour leur accueil, mon estomac ne s’en est toujours pas remis.

Cet article n’est PAS sponsorisé. Nous avons décidé de l’écrire pour te faire vivre en immersion une invitation blogueurs (ceux qui nous suivent sur Instagram avaient déjà eu un aperçu de la journée dans notre story). Mais aussi, et surtout, parce que nous avons adoré.

Crédits photos : OT Narbonne / SNCF / Les Grands Buffets

Boudu-auteur

Sophie

Sophie

Co-fondatrice de Boudu Toulouse & chroniqueuse art de vivre pour L'Opinion Indépendante. Aime les mots, les gens, le café et la Burrata.

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