Lorsque nous nous y sommes rendus pour la première fois, la semaine après l’ouverture,
nous en attendions beaucoup :avec un jeu de mots aussi cool en guise de nom,
ce que l’on allait trouver dans nos assiettes avaient intérêt à l’être tout autant.
Et tu sais quoi ?
C’était pas cool : c’était pire.
La petite carte des grignotages du soir qui évolue chaque semaine a su nous mettre en appétit.
Le repas à quatre s’est rapidement transformé en guerre froide et sans pitié.
Le foie gras n’aura survécu devant nous que quelques minutes, le fabuleux jambon Pata Negra
a été exterminé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et le Saint Marcellin cuit au four…
Je tremble rien que d’y repenser. Oui, je connaissais le St Marcellin.
Oui je connaissais les fours.
Mais sais-tu ce que ça fait lorsqu’un St Marcellin s’accouple avec le four de l’Apicole ?
Ca fait un orgasme dans ton palais. J’ai tellement aimé que je pense appeler un de mes enfants Marcellin
(il sera content en plus, c’est facile à porter).
J’me suis battue avec mon voisin de table - ce traître qui voulait terminer le plat
pendant que j’avais le dos tourné. Nous nous sommes réconciliés lorsque nous avons parlé
du velouté de l’espace que nous avions devant nous.
Dans la vie, il y a deux catégories de personnes :
ceux qui aiment la soupe, et les autres, qui n’en boivent que sous la menace
(genre « tu bois cette soupe ou je te force à te lever à six heures du matin tous les matins de ta vie »
- « ok c’est bon j’fais un cul sec »).
J’ai toujours appartenu à cette seconde catégorie.
Maman, cela fait 24 ans que tu essayes de me faire ingurgiter de la soupe, sans succès.
A l’Apicole, il leur a fallu deux secondes et demi pour y arriver.
La décoration en bois, épurée, moderne et en même temps tellement chaleureuse
te fait te sentir instantanément bien dans cette petite salle à la cuisine ouverte.
Le patron, qui pourrait être ton meilleur pote, t’accueille avec un grand sourire.
Sans chichis, il te raconte les producteurs qu’il choisit, il met du coeur dans ce qu’il fait,
et ça donne envie de refaire le monde jusqu’à pas d’heure avec un verre de vin (voire deux, voire plus).
Les plats proposés le midi et les desserts, réalisés par le chef qui est aussi pâtissier, auront raison de toi, boudu-lecteur.
C’était un pari un peu fou de reprendre le fameux Bistronome,
de le transformer, de le faire vivre autrement.
Et bien si on avait du miser la Playstation 4, notre machine à café,
et même notre graphiste-en-chef, on l’aurait fait.
Parce que l’Apicole, c’est tellement génial que lorsque tu voudras te sentir bien quelque part,
bien manger, bien boire,sans hypothéquer ton appart,
tu ne diras plus « je vais manger dehors », tu diras « je vais Apicoler ».
Où le trouver
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